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Rogue Trader : Horst Thark, Arch-Militant
Écrit par Krieghund   

816 M41 Custodian of Cadia

La lueur de la station spatiale se reflète sur les cuivres qui composent la majeure partie des instruments de bord du Custodian of Cadia, projetant des ombres étranges sur les murs. Evander Sabrehagen X, propriétaire de l’antique vaisseau, en est distrait un instant de la lecture des derniers rapports sur les réparations. Ses yeux s’égarent sur ces dessins improvisés, créations éphémères de lumière et d’or.

Avec un soupir, il se remit à lire les innombrables documents que lui était remis chaque jour par les technoprêtres. Les réparations avançaient bien, mais les prêtres de l’Adeptus Mechanicus ne pouvaient s’empêcher de le dire en trois exemplaires. Tharn, son chef mécanicien, disait qu’en binaire, le langage occulte du Mechanicus, le même rapport prenait quelques nanosecondes, mais que les êtres de chair étaient incapables de le comprendre. Il fallait donc recourir à des substituts moins efficients.

Tout se passait bien. Dans quelques semaines allait arriver le navigateur, survivant de la catastrophe qui avait touché le vaisseau, ainsi que celle de son cousin, l’astropathe et de son chœur astropathique. Il avait commencé les recherches pour un arch-militant afin de diriger ses équipes de sécurité, mais avec les deux Croisades lancées dans l’Empire, il était devenu plus en plus difficile de trouver des soldats avec les qualifications recherchées. N’importe qui peut faire un tueur, mais un tueur capable de mener des hommes et de les entrainer, c’est moins courant. Et pour l’instant, les rares personnes pressenties n’ont jamais connu de véritable combats, juste des bagarres un peu rudes…

« Seigneur Sabrehagen », fit une voix qui le tira de sa rêverie. Une jeune enseigne se tenait devant lui au garde à vous, son visage juvénile emplit de gravité. (« Et c’est avec un équipage à peine expérimenté que je vais affronter l’Amat… », Pensa Evander)
« Oui, enseigne ? », dit-il avec un regard dur en direction du jeune homme.
« Je… les hommes ont découvert un passager clandestin, seigneur… »
« Que voulez vous que ca me fasse ? Jetez le dans les moteurs. »
« C’est que… »
« Oui ? »
« Nous n’avons pas réussi à le capturer, Seigneur. Il a tué trois de nos hommes et a réussi à se cacher dans les couloirs du vaisseau »
« Quoi ?! », hurla presque Evander. Se précipitant sur la console de commandement, les rapports de réparation voletant dans tous les sens, il fit raisonner sa voix dans les kilomètres de coursives du vaisseau. « Faites fermer toutes les issues, nous avons un intrus à bord ! Que toutes les équipes arrêtent immédiatement leur travail et se joignent aux recherches. »
En plaquant sa main sur le micro, il se tourna vers l’enseigne. « Où a-t-il été vu pour la dernière fois ? »
« Sur le pont 45, Seigneur »

Enlevant sa main, il reprit : « l’intrus a été vu pour la dernière fois au pont 45. Il est extrêmement dangereux et ne doit pas être attaqué sans un soutien armé. Que l’on m’informe immédiatement sur mon communicateur de sa position. »

Laissant derrière lui les rapports éparpillés sur le sol, il sorti son laspistol et vérifia le chargeur avant de s’engouffrer dans les couloirs.

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Merde merde merde… Fallait que ce connard me voit, fallait qu’il donne l’alerte… en même temps, j’aurai pas du m’assoupir, pas du relâcher ma garde… Trois jours que je dormais pas. Trois jours… Juste fermer les yeux un instant, juste un instant et je me suis fait voir. Faut pas que je me fasse voir. Je sais ce qui m’attend si je me fais repérer, pourtant. Maintenant, c’est trop tard. Le capitaine a bouclé le navire. Je l’ai entendu dans tous les postes de comm… Ils s’arrêteront pas tant qu’ils m’auront pas chopé… mais j’vais pas me laisser faire, oh non !!
J’vais pas me laisser faire…

Je tourne dans les couloirs. Je suis perdu. Mais ca ne me gène pas. De toute façon, c’était quitte ou double. La seule chance que j’ai eue pour ne pas retomber entre les mains du Commissariat. Et maintenant cette chance est envolée, disparue, morte. Et sans que le Commissariat y foute les mains !

Qu’est ce que j’ai été con de fermer les yeux !! Ca fait deux heures que l’alarme a retentit, deux heures que je cours dans ces couloirs, essayant de ne pas me faire voir. Trois fois j’ai du tirer et tuer. Une fois, le pauvre type ne m’a pas vu venir et je lui ai enfoncé ma baïonnette dans la gorge. J’ai encore le sang sur mes mains… ca n’est rien, j’ai vu pire… au moins, ce sang là est rouge…

« Halte ! »
Merde, repéré… j’entends les crépitations des shotguns réglementaire. Dans un vaisseau, pas de fusils lasers : trop de risque de percer la coque dans certains endroits. Mais une volée de ferraille, ca vous tue un homme tout pareil. Je plonge dans le premier tournant que je vois et arrose au hasard avec mon fusil laser. Perdu pour perdu, je m’en fiche de la dépressurisation… et puis on est au cœur du navire, on ne craint rien, là.
« Il est armé !!! Préviens le Seigneur Sabrehagen qu’on l’a trouvé »

Je respire, regarde autour de moi. Une seule issue, un sas qui s’enfonce encore plus dans les couloirs du vaisseau. J’entends la voix de l’homme d’équipage qui donne ma position. Je sors un instant de mon couvert pour lui loger un tir. Pas le temps de viser, je fais ca au jugé. Je lui explose la mâchoire. Il hurle, d’un son étouffé. Son camarade balance un tir dans ma direction, mais je suis déjà parti par le sas.

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Le seigneur Sabrehagen jeta à peine un coup d’œil au blessé que l’on emmenait, la mâchoire emporté par un tir de laser, et se tourna vers son camarade.
« Situation ? »
« Le fugitif est parti par la coursive bâbord. Il se dirige vers le Temple. »
« Le Temple ? »
« Oui Seigneur : le chemin qu’il a emprunté ne peut le mener que là bas. »
« Bien… alors finissons la traque et abattons ce chien. »

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De la lumière… je vois de la lumière. Pas possible d’aller par là… mais derrière moi, j’entends des pas. On me poursuit toujours. Je cours vers la lumière. Une lueur en fait. Dans le lointain du vaisseau… le couloir est long, très long…
Cette fichue lumière semble aussi loin qu’avant. Où mène un couloir comme ca ? c’est la première fois que je vois ca.

Des pas derrière moi, des bruits de courses. Des tirs… la portée efficace d’un fusil à pompe est trop peu importante. Je sens quelques impacts sur ma plaque dorsale, sur mon casque. Aucun mal, rien… Ils m’auront pas tout de suite…
Un éclair rouge. Le bruit d’un tir de laser. Laspistol… merde, y’en a un avec un laspistol.
Le couloir s’élargit de plus en plus, c’est étrange, mais utile… j’avance en zigzagant, moins facile à toucher pour le guignol au laspistol. Je vois la lumière. Elle vient d’une porte entrebâillée… une porte de plus en plus grande au fur et à mesure que je me rapproche. Des doubles portes entrouvertes, grandes comme trois ogryns… Putain, mais c’est quoi ce truc ?!
Je me retourne pour pousser la porte, en lâchant une rafale vers mes poursuivants. Je les vois se jeter par terre. Aucun n’est touché, merde… je ferme la porte derrière moi et chope un banc non loin pour la bloquer. En tremblant, je m’adosse au banc, regardant pour la première fois où je suis.
Putain de bordel de merde…
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« Je crois qu’il est coincé dans le Temple, Seigneur… », dit l’enseigne.
« Je le vois bien, imbécile », répondit le seigneur Sabrehagen. « Il n’a aucune issu : le temple ne donne accès qu’au logement du Père Tarkus. Où est-il, d’ailleurs ? »
« Je crois qu’il était dans le Temple, seigneur. »
« Vous croyez, vous croyez… Donnez-moi des faits, pas des suppositions ! »
« Il est dans le Temple, seigneur. »
« Bon… Donnez l’assaut ».

Les hommes d’équipage se regardèrent avant de se tourner vers l’enseigne. Le quartier maitre approcha du capitaine. « Capt’in… », commença il avec l’accent typique de Port Wander. « Capt’in, on veut pas se battre dans le temple, Capt’in… C’est un endroit sacré. »
Evander Sabrehagen leva les yeux au ciel. « Oh par le Trône… Faut tout faire soit même ! »
En fait, il n’était pas contre cette petite poussée d’adrénaline. Ca lui permettait d’échapper à la paperasse. Il attendit que ses hommes lui apportent l’épée tronçonneuse de Saint Drusus, puis il avança vers les portes que l’homme avait refermé et, enclenchant les terribles tranchants de l’arme, commença à attaquer la porte sous les regards horrifiés de son équipage.

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Sainte Terra ! Je suis dans une chapelle… une cathédrale ! Il y a une cathédrale au cœur de ce vaisseau.
Je regarde autour de moi. Des larmes me viennent aux yeux devant cette putain de beauté. La honte de mon geste, la certitude d’avoir failli à l’Empereur m’envahissent. J’avance dans la nef, et m’agenouille devant la représentation d’un saint que je ne connais pas. La seule représentation d’un Saint au milieu de vitraux qui montrent des batailles spatiales.
Il porte une tenue de la garde, transfigurée par une lumière qui émane de derrière lui. Devant lui, des créatures immondes reculent, effrayés, de jeunes enfants, derrière lui, semblent chanter ses louanges ; au loin, un Titan à moitié détruit domine le paysage, et une figure mécanique en robe rouge semble s’incliner devant lui. C’est le seul qui porte la tenue d’un garde… c’est ptete pour ca que je suis devant lui, à chialer comme un gamin.
Je vais crever ici, devant lui, en sachant que je Lui ai failli. Ô Empereur, pardonne-moi ma faiblesse…

« Mon fils ? »
Je me retourne, le fusil pointé dans la direction de la voix. Un prêtre me regarde, sans peur malgré le canon de mon arme qui le vise.
« Que faites vous là, mon fils ? »
« Mon père… je… je… qui est ce saint ? » Je ne sais pas pourquoi j’ai posé cette question. Je dois savoir…
« C’est Saint Aldegrin de Cadia »
« Je… j’en ai jamais entendu parler… »
« Il a vécu au temps de la Quatrième Croisade Noire… Il était sergent. On dit qu’il a rallié les Cadiens en déroute, et qu’il a repoussé à lui seul et avec l’aide de l’Empereur une attaque des forces du Chaos. Il n’est pas reconnu comme un saint par l’Ecclesiarchie. »
« Alors que fait il là ? »
« Quand cette église a été bâtie, les prêtres de l’Adeptus Mechanicus ont demandé à ce qu’il apparaisse, en hommage à son courage. Selon leurs archives, il aurait permis la protection de nombreux archeotech... Maintenant, mon fils, que faites-vous là ? »
« Je… Je fuis, mon père… »

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Le cri perçant du fer taillant dans le fer emplit la nef. Les portes tremblent. Le prêtre regarde d’un air furieux dans leur direction. Il avance d’un pas décidé.

« QUEL EST-CE SACRILEGE !!! » sa voix tonne, loin de la douceur qu’elle avait lorsqu’il me parlait !! « QUI OSE ATTAQUER LA SAINTE EGLISE DE L’EMPEREUR ?!! »

Le son déchirant s’éteint.
« Mon père ?! », une voix décidée, emplie d’ironie.
« Seigneur Sabrehagen… Je pensais que même vous, vous n’oseriez pas porter atteinte à la sainteté de ce lieu ! »
« C’est que, mon père, il y a un intrus à bord, et il se cache dans votre chapelle. »
« Il ne se cache pas. Il prie. »

Silence de l’autre coté de la porte. Je regarde le prêtre, qui se tient devant les portes barricadés de son église comme un rempart inébranlable. Il a la même attitude que le Commissaire Walber, paix à son âme.
Bizarrement, en le voyant, je commence à ressentir une certaine paix, comme si, en ce lieu, je pouvais mourir.

« Il prie ? » reprend alors la voix du capitaine, l’étonnement bien audible.
« Oui, il prie… Alors vous pouvez entrer ici et prier avec lui, ou bien repartir et l’attendre. »
« Je vais entrer, mon père, cela fait longtemps que je ne suis pas allé à l’Office. »
« Je suis étonné que vous y soyez allé un jour… Laissez vos armes en dehors de ce lieu et je vous ouvrirai.»

Il se tourne vers moi. « Et vous aussi… déposez vos armes sur l’autel… ce sont des armes de la Garde, non ? L’Empereur ne vous en voudra pas de poser les instruments de sa colère sur son autel. »

Sans réfléchir, je pose mon fusil sur l’autel, avant de m’assoir. Je tourne le dos à la porte. Je regarde le vitrail devant moi, ce vaisseau puissant baigné dans la lumière de l’Astronomicon. J’entends le prêtre enlever le banc et les portes s’ouvrir. Je suis certain que l’on va me tirer une balle dans le dos. Des pas lourds marchent vers moi, dans un cliquetis de ferraille. Un homme s’assied sur ma rangée, à quelques sièges de moi. Je ne le regarde pas.

Le prêtre s’avance face à nous. il monte légèrement sur l’estrade, devant l’autel et prend mon fusil laser.
« Une arme de la Garde… Bien entretenue… Votre uniforme… Sergent, à ce que je vois… Déserteur ? » Il y a dans ce dernier mot, dans sa voix, tant de mépris que je m’étouffe de honte.

« Non… » Ma voix résonne dans la nef, rauque, peu assurée… « Non, pas déserteur, non ! J’ai toujours servi le Trône ! J’ai tué, j’ai combattu, ca fait 20 ans que je me bats ! Je… »
« Alors quoi ? Pas déserteur, mais tu fuis et tu te réfugie dans MON vaisseau », explose l’homme à coté de moi. « Je n’admets pas les passagers clandestins, et encore moins les traitres et les lâches ! »

Je tourne la tête pour le regarder. Il est vêtu de fourrure, couvert de bijoux, son haut col lui couvrant le bas du visage. Ses cheveux sont extravagants, un véritable arc en ciel de couleur qui fait presque mal aux yeux… Enfin d’un coté : l’autre coté de sa tête est orné de tatouages franchement pornographiques.
La colère me reprend. Je ne suis pas un traitre ! Je m’étouffe presque en prenant la parole : « Je… »
« Taisez-vous, Seigneur Sabrehagen ! Et toi aussi, Sergent !», nous coupe le prêtre. « Que le soldat parle…Qu’il nous raconte ce qu’il a vécu… Et ensuite, nous déciderons quoi faire.»
« Et ensuite JE déciderai quoi faire, prêtre ! Mais soit, que le garde parle ! »

Ce que j’ai vécu…

716 M41 Planète Ghoyogia, Segmentum Obscurus

« Soldat de l’Imperium… SOLDATS DE L’IMPERIUM !!!
VICTOIRE !!!! »
(Ovations)

Victoire… Oui, victoire… Nous avons enfin rendu à l’Empereur son monde, ce monde qui avait été ravi par les peaux-vertes il y a tant d’années.
J’ai envie de pleurer, soldats de l’Imperium… Oui, j’ai envie de pleurer devant une telle victoire. Vous riez, soldats de l’Empire, je le vois. Vous n’imaginez pas que moi, votre général, puisse pleurer. Et pourtant… Pourtant réfléchissez, soldats !

La vermine xeno a pullulé ici, se reproduisant comme des parasites, lançant des attaques sur les mondes frontaliers, tuant femmes, enfants… Et nous, pendant plus de 20 ans nous avons combattu le peau-verte, détruisant les nids, les fongus immondes d’où il tire sa substance ! Nous l’avons exterminé !
Mais c’est fini maintenant, c’est fini grâce a vous !!!

(ovations)

Quand je vous vois, je vois le salut pour la galaxie écrit sur chacun de vos visages. La fureur et la juste indignation qui vont renvoyer l’ennemi dans les ténèbres. Je le vois en chacun d’entre vous ! Je vous vois, et je n’ai pas peur pour notre futur. Homme de la Garde Impériale, je vous offre ma complète gratitude. Acceptez là avec fierté ! C’est grâce a vous que ce monde a été repris, et c’est vous qui allez assurer sa future grandeur !

(Ovations, suivies de palabres)

Oui, mes enfants… Oui… Enfin… Un message astropathique est arrivé, qui n’attend plus que la confirmation du Général-Militant Dobbs. Et ce message, mes amis, c’est ce que nous attendions depuis 350 ans ! 350 ans de combats, 350 ans de gloire au service de l’Empereur. Une promesse avait été faite, il y a tant d’années, aux hommes qui avaient formés le 9ème de Ghoyogia… Celle qu’un jour, les survivants de l’unité auraient leur planète, qu’on leur donnerait des terres, des possessions, et qu’une planète serait à eux…
Ce jour est venu, mes frères !

(Ovations)
Par décret du Seigneur Thorkwung, Gouverneur du secteur Scarus, la planète Chrisoprasia est notre, et j’en suis le premier gouverneur.
A nous maintenant de la rendre aussi grande que possible afin qu’un jour, comme nous, nos descendants puissent se couvrir de gloire au service de l’Empereur !

Gloire à l’Empereur ! Gloire à Ghoyogia ! Gloire à vous !! Prions l’Empereur, mes frères, avant de célébrer notre victoire ! »

816 M41 Custodian of Cadia

« Je viens de Ghoyogia… C’est une planète de l’autre coté du Segmentum… Je sis le fils de l’un des gardes qui a reprit la planete au nom de l’Empereur… Une planète de jungle, voyez… On vit et on crève dans les marais… insectes, maladies… De temps en temps, y’a une fondation, et on se retrouve dans les étoiles alors qu’on a toujours connu que la boue et la merde… »
« Ca fait 25 ans que je fais partie du 9ème de Ghoyogia… 25 ans que je sers l’Empereur, pour la gloire… Dans la Garde, on meurt ou on se bat… Mais le pire, c’est la connerie humaine… »
« Oui, mon père, je préfère affronter les peaux-vertes sur tous les mondes connus que de faire face à la connerie du munitorum, ou bien à l’incompétence des officiers… »
« Faut que vous compreniez… Y’a 6 moins, on venait de finir de nettoyer Chrisoprasia, qu’est une planète pas trop loin d’ici… Vous en avez entendu parler ? Ouais… Ben j’ai fait parti des couillons qui ont attaqué les orks et qui ont passé 5 ans dans un véritable enfer… »
« Franchement, ca changeait pas tellement de pas mal d’endroit où je me suis battu… Dans la Garde, on s’en fiche un peu de l’endroit, vu que de toute façon, la porte de sortie est toujours la même... On sert le Trône, on se bat, et on meurt. Si on a de la chance, si on arrive trop vieux, on est déclassé et déposé sur la planète la plus proche… »
« Mais Chrisoprasia, c’était pire… En fait, c’était pire parce que dans les vaisseaux en orbite, j’avais une femme et un gosse qui m’attendait… La femme faisait partie de tout ces gens qui suivent les unités de la Garde, vous savez… Les prostituées, lavandières, charlatans, traficoteurs de tous poils… »
« Je l’avais rencontré avant le trajet, sur une escale… Et elle m’avait suivie… Elle était tombé enceinte et v’la que je me retrouve avec un p’tit gars… Futur garde, comme tous les gars comme lui… »
« Donc Chrisoprasia, c’était pas pareil… On essaye de pas y penser, de se dire que de toute façon, elle connait les risques, qu’il fallait pas s’attacher, qu’on fait une connerie. Mais on le fait quand même… Sinon on a des regrets, on se pose des questions… Et on plonge… En plus, elle, c’était pas le genre de nana rassurante, voyez... »

« Bref… sur Chrisoprasia, j’y pensais pas trop… Et vu que la bataille s’éternisait, ils avaient institué des rotations, des relèves… donc je rentrai tous les 6 mois pour une semaine dans le vaisseau… Not’général était pas con : il savait que nous laisser sans repos pendant des années, c’était le meilleur chemin pour la défaite… Donc on remontait de temps en temps. »
« Puis on a eu un nouveau colonel… Le colonel Deher… il est arrivé avec un nouveau commissaire, le commissaire Quinch. Un putain d’enculé… C’est à cause de lui que je suis là…»

« Vous savez, dans le manuel, on nous dit que les commissaires sont justes… Ben ils ont pas du rencontrer le commissaire Quinch… Quinch sortait tout juste de la Schola… Un gamin, qui n’avait pas beaucoup vu la guerre. Deher et Quinch sont arrivés le même jour. Deher était correct, mais pendant la dernière semaine de notre tour de service, une semaine après leur arrivée, il s’est pris une balle dans la tête et c’est le commissaire qui est devenu notre nouvel officier, en remplacement. Sauf que ca aurait du être moi, vu que j’étais le plus haut gradé et le plus ancien : tous les officiers avaient été dézingués…
Allez pas vous tromper : moi j’en avais rien a foutre de commander ou pas. C’est juste que pour les hommes, un officier qu’ils connaissent pas et qui manque d’experience, c’est la difference entre avoir quelques chances de vivre et en avoir très peu… Et en plus, il refusait d’entendre le moindre conseil, regardant tout le monde d’un air méprisant. J’ai connu des commissaires qui nous faisait marcher à la schlague, d’autre qui abattaient un homme pour une broutille dés le premier jour, mais aucun d’entre se foutait d’not’moral.

La première décision du commissaire, ca a été de repousser la date de notre permission. On était fatigué, on venait de passer 6 mois sur le front, avec des attaques quotidiennes, des patrouilles dont la moitié ne rev’naient pas, et le commissaire, en pleine forme lui, considérait qu’on pouvait encore se battre six mois…
On l’aurait fait, hein ! J’ai fait une campagne où pendant 3 ans, c’était ca : aucune permission, aucun repos, rien ! Un repos, c’était la mort. Mais certains hommes craquaient… C’est après cette campagne que le général a commencé à instituer des tours de service, pour que tout le monde se repose…

Donc on a continué à se battre… Mais on faisait de plus en plus d’erreurs… Pas des grosses, mais des trucs qui peuvent être dangereux… On devenait pas négligent, on devenait des machines à visage humain… on se levait, on tenait la ligne contre une marée de peau-vertes, on mourrait… On avait paumé notre niaque, voyez…
Je crois que j’ai commencé à craquer le jour où un des hommes de mon escouade a été tué par le commissaire. 10 ans qu’on se battait ensemble, un homme solide. Il grillait un cighalo quand le commissaire lui a logé une balle dans le crane : selon le commissaire, la lumière du cighalo allait attirer les orks… Sauf que les orks savaient où on était depuis longtemps… On était pilonné depuis deux jours par leurs foutus canons… C’est là que j’ai foutu une balle dans le commissaire…

Oh pas la peine de me mater comme ca… J’en pouvais plus, j’ai vu rouge, et je l’ai abattu… Ca s’est pas su… Il y a eu une bombe qui a explosé et les autres ont cru que c’était ca qui avait tué le commissaire… Mais pas de bol pour moi, y’avait un mouchard… Il a attendu, ce salaud, il a attendu la fin de la campagne pour me dénoncer.
Il m’a dénoncé en échange d’un grade plus élevé… Il l’a pas eu longtemps : il a été tué depuis, j’ai appris… Moi j’ai été arrêté et j’allais être exécuté quand le vaisseau a été attaqué par un raid Eldar. Ils ont tués tous le monde, sauf moi… Je ne sais pas pourquoi, mais avec ces Xenos, qui peut savoir…
J’ai entendu les bruits de combat, et j’ai vu la porte s’ouvrir… J’ai vu un guerrier Eldar, un masque effrayant sur le visage, un costume plein de couleur, me regarder et parler dans sa langue immonde avec un autre… Ils m’ont regardé et m’ont laissé… moi j’étais déjà prêt a vendre ma peau… J’avais déjà combattu ces foutus xenos sur Roquemutt et ils me foutaient peut être les jetons, mais j’allais pas partir seul !

Mais ils sont partis… y m’ont laissés au milieu d’un putain de bain de sang… Y’en avait partout… J’ai vécu 6 mois dans le vaisseau avant qu’on me retrouve… J’ai pas essayé de récupérer tous les cadavres, mais j’ai seulement dégagé une zone… Ca puait comme pas permis… J’ai pu vivre avec les réserves… Le vaisseau qui m’a récupéré était celui d’un Marchand Chartiste, il m’a déposé à Scintilla… De là, je suis parti pour Port Wander, en espérant me barrer pour l’Amat de Kronus…

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Evander regarda le soldat devant lui, puis le prêtre.
« Je devrai te remettre aux représentants de la Garde… »
« Je sais… Faites le si vous voulez… j’en ai ras le fion de courir. Que L’Empereur ai pitié de mon âme… »
« J’ai peut être une autre idée… »
Le prêtre regarda Evander, une lueur étrange dans le regard. « Capitaine… vous n’allez pas… »
« Je vais, prêtre, je vais… Tu vois, soldat, je cherchais justement quelqu’un comme toi… Tu as déjà mené des hommes au combat, tu as vécu sur un vaisseau… Si tu acceptes, je fais de toi mon Arch-Militant à bord, responsable de toutes les troupes… »
« Mais… Je suis condamné dans l’Imperium… »
« Ca tombe bien, on doit bientôt le quitter… Prêtre, béni cet homme, il part avec nous. Si l’Empereur l’a mené ici, c’est qu’il a quelque chose à faire avec nous ! »

Le prêtre regardait alternativement le Soldat et le Capitaine. « Mais, mais… Les xenos l’ont épargné… il a tué un commissaire ! »
« Et bien prêtre ? ca te dérange ? Tu étais prêt à le défendre avant… Et je crois qu’il est plus fidèle à l’Empereur que son fanatique idiot de commissaire pouvait l’être… »
« Bien Capitaine… Mais au moindre signe d’hérésie, je vous demanderai de le mettre aux arrêts ! »
« Entendu : au moindre signe, je l’abat moi-même ! Relève toi, ArchMilitant ! »

Le soldat se releva, ses yeux emplis de gratitude et de loyauté. Il se retourna vers le prêtre et le regarda humblement avant de s’agenouiller devant lui.
« Mon père… cela fait des mois que je n’ai pas assisté à l’office… Je sais que vous n’approuvez pas ma présence à bord, mais… Mais j’ai besoin de prier…»
Le père Tarkus le regarda et inclina brièvement la tête. Il lança un regard d’avertissement à Evander Sabrehagen, puis entonna la prière de Libation à l’Empereur. Bientôt, leurs trois voix se mêlèrent dans la dévotion.

L’Empereur est la lumière qui nous guide,
Un phare d’espoir pour l’humanité dans une galaxie de ténèbres.
Alors que nous Le servons,
Il est notre plus grand serviteur.
Alors que nous Le prions,
Ses pensées sont uniquement pour nous.
Et dans les ténèbres, quand les ombres menacent,
L’Empereur est avec nous,

En esprit et en fait.

 
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Citations
« Depuis les ombres nous frappons rapides et mortels, et avant que nos ennemis ne puissent réagir... les ténèbres et rien de plus. » Kayvaan Shrike, Capitaine d'Ombre de la 3ème Compagnie.
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