Dark Heresy / Rogue Trader / Wh40k Roleplay, Encyclopédie multimédia Warhammer 40,000. SITE NON-OFFICIEL.
Rogue Trader : Magnar Sabrehagen, Astropathe
Écrit par Krieghund   

 

816 M41 Port Wander, Segmentum Obscurus

« Maman, regarde le monsieur la bas… »
J’entends la petite, la sens me désigner à sa mère qui lève les yeux sur moi et voit le monstre que je suis devenu pour que l’Humanité soit sauve. Elle croise mes orbites vides, mes yeux brulés à jamais par une Lumière qu’elle prie chaque soir, mais ne pourra jamais qu’imaginer. Elle reconnait la robe verte qui caractérise les membres de l’Adeptus Astra Telepathica. Je perçois ses frissons, ressent son dégout et sa peur. Elle serre son enfant dans un reflexe protecteur, fait un geste pour éloigner le mauvais œil et se détourne, cherchant à partir aussi loin de moi que possible. Mes serviteurs et acolytes ne bougent pas, cherchant à deviner ma réaction, mes sentiments vis-à-vis de cette humanité que nous aidons et qui nous craint.
Je soupire et crispe mes mains sur le bâton de ma charge. C’est toujours aussi difficile à vivre, aussi difficile de s’habituer à ces réactions de rejet, parfois de haine… Mais je les comprends… L’inconnu est toujours effrayant, et peu de personnes connaissent réellement les êtres comme moi. Et il y a le danger, cette terreur impie et horrible, qui peut surgir, si les courants de l’Immaterium me submergent.
Je me tourne vers un homme qui semble se diriger vers notre groupe, remettant ma capuche afin de cacher les stigmates de mes épreuves, mon visage émacié, mes yeux brulés…
« Magnar Sabrehagen ? » demande une voix qui se veut ferme, mais qui tremble suffisamment pour me faire comprendre sa gêne. Je porte le même nom que son capitaine, cousin éloigné d’une famille ancienne, je suis le cousin maudit qui ne porte son nom que parce que c’est celui de sa naissance. Ma famille n’est plus rien pour moi. Seul compte le salut de l’Humanité. Il est ironique d’être là, au service d’Evander Sabrehagen, le fils de mon cher cousin Sébastian.

708 M41 Planète Scintilla, Segmentum Obscurus
« Merci encore pour tout, hein ! Et félicitations pour votre mariage… oui… oui, je serai ravi de venir à votre soirée… bonne journée à vous, Prefectus !» Je raccroche avant que ce bavard ne me tienne la jambe encore plus longtemps. « Connard… », Dis-je en reposant le combiné avant de m’étirer dans mon fauteuil.
Cette journée commence plutôt bien : ce cher Prefectus vient de me donner un tuyau qui va me permettre d’accroitre encore un peu ma fortu… la fortune familiale. Et cela ne me coute qu’un simple pot de vin annuel et un peu de chantage sur son gout pour l’obscura. C’est un con, mais un con utile, avec ses entrées au conseil de la cité. Et là, c’est une juteuse opération qui se profile.
Une opération simple, en plus : dans un délire de solidarité et de communisme abject, le conseil a décidé de réhabiliter certains des quartiers les plus pourris de la cité ruche. La proposition, pas encore voté ni publiée, est par hasard passée entre les mains de ce bon Prefectus, simple exécutant dans la grande machine de l’Administratum, qui m’a immédiatement fait part de cela.
Il ne me reste plus qu’a acheter à vil prix les logements de ces pouilleux, de faire éliminer les gêneurs, de m’arranger avec certains gangs pour qu’ils délaissent le quartier le temps que les constructions soient finies et vendues et je pourrai rouler sur l’or. Un plan sympathique, sur au moins trois ou quatre ans… Si je réussis à posséder les habitations d’ici trois mois bien sur, vu que selon la proposition, seuls les habitants possédant un logement dans ce quartier à la fin du mois de Mars pourront être relogés dans leurs nouveaux appartements… Et je ne tiens pas à ce que des cloportes fassent baisser le prix quand il s’agira de revendre ! Donc, fin mars, il ne faut plus personne dans ces taudis…
Il faut que je contact Glauber, il pourra m’aider à virer les récalcitrants.
« Glauber… oui, c’est Magnar…. Je sais, ca fait longtemps que je n’avais pas eu besoin de tes services… oui, je t’envoie les infos… tarifs habituels, ok, pas de problèmes »
Aussi simple que ca… D’ici trois mois, les paumés et leurs larbins qui vivent là bas seront dehors ! Ou mieux, ils seront morts… Je me frotte les mains d’avance. Je pense que je vais appeler ma secrétaire, histoire de la sauter sur le bureau pour fêter ca. Oui, c’est une bonne idée, une petite vidange avant de continuer la journée… Ca va lui faire drôle de se faire virer dans un mois, cette pouffiasse.
« Monsieur Sabrehagen, votre cousin est…» CRAC !!! La porte de mon bureau explose.
« Magnar, j’ai besoin de toi »
« Sébastian, tu sais qu’en général je reçois sur rendez vous ! » Je prends une pose détendue sur mon fauteuil, habitué à la rudesse de Sébastian.
« Ne m’ennuie pas avec ca ! Je viens d’essayer de comprendre le dernier rapport financier que ton père m’a fait parvenir… Tu peux m’expliquer ? »
« Par le Trône, Seb’, si tu passais moins de temps sur le Custodian et plus dans les bureaux, tu saurais que les Del Trieste nous mènent la vie dure depuis des années… J’essaye de maintenir la machine à flot, mais c’est tout sauf simple : ils ont plus de moyens, et dés que j’essaye de corrompre un politicien, ils en corrompent dix… On vit d’expédients, Sébastian, on vit de merde, de grattage d’argent sur des chantiers minables et de magouilles douteuses… »
« Bordel… Tu veux me dire qu’on est ruiné ? »
« Ca fait des années, qu’on est ruiné… »
« Et c’est quoi cette histoire de clinique pour enfants que tu as ouverte dans les bas fonds ? »
Je souris, cette opération est l’un des plaisirs de mon existence.
« Ah ca, idée de génie : on redore notre blason, et on gagne du pognon »
« Du pognon ? Avec une clinique ? »
« Ouais : tous les patients ou leurs parents signent une décharge. S’ils meurent dans la clinique, leur corps est à notre disposition… J’ai signé un accord avec certains membres peu regardant du Mechanicus… Tu sais qu’ils ont toujours besoin de corps frais pour les serviteurs… Sans compter les organes que l’on peut récupérer et revendre dans la clinique High standing que j’ai fait ouvrir pour les gosses des rupins… Rien ne se perd, rien ne se crée, mais tout se transforme en fric ! »
Sans compter que ca fait de la racaille en moins… certains étant un peu… incités à passer l’arme à gauche…
« Tu sais, Magnar… Je suis peut être un barbare de la périphérie, mais là, ca me débecte… »
« Alors continue de fermer les yeux sur la provenance du pognon, mon cher cousin, et laisse moi bosser… Tu sais où me trouver si tu as besoin de fric… »
« Ouais… » Son visage est songeur pendant un instant, comme si mes magouilles lui donnaient un semblant de conscience. « J’aurai besoin de financement pour une expédition que je projette d’ici quelque temps… J’espère que les caisses seront pleines… »
« Mais pas de souci, cousin, pas de souci… En partant, peux tu demander à ma secrétaire de venir, j’ai une lettre à taper »
Ce pauvre con… La plupart des revenus de la famille viennent du commerce, des échanges, et pas de mes magouilles sordides, qui ne sont là que pour m’occuper l’esprit, m’amuser… S’il savait lire un compte rendu, ce Cro-Magnon
Pff… Il m’a gâché ma journée, ce connard… Je crois que Miss Phelie va avoir droit à la voie arrière…


816 M41 Port Wander, Segmentum Obscurus

Nous suivons l’homme, maitre d’équipage du Custodian of Cadia. C’est étrange. La vie de ma famille est liée à ce vaisseau depuis tellement d’années, depuis tellement de siècle… Et pourtant cela sera la première fois où j’entrerai dans ses entrailles d’airain, la première fois où j’arpenterais les couloirs qui virent passer tant de mes ancêtres.
Le vaisseau est splendide alors que je le découvre dans la navette qui m’y emmène. Je sens son ancienneté, ses nombreuses épreuves. J’adresse une courte prière à l’Empereur pour qu’il bénisse mon voyage.
O Eternel Empereur,
Qui Seul veille sur nous,
Et règne sur les marées et les tempêtes,
Soit clément avec tes serviteurs,
Protège-nous des périls du Warp,
Pour que nous revenions sains et sauf dans le domaine des Hommes.

La prière me réconforte, me rassure. Les voyages dans l’Immaterium sont éprouvants, et je n’en ai jamais gouté les plaisirs, comme les Navigateurs, que l’Empereur veille sur leur vision. J’ai peu arpenté le Warp, parti de Scintilla contre mon gré, en raison de ce que j’étais.
La navette entre dans l’immense baie d’amarrage du navire. Le pilote atterrit sans une secousse, en homme expérimenté. Je lui en suis gré…
Je descends en tête, avant mon chœur astropathique. Jeunes psykers, qui souffrent encore dans leurs chairs du Rituel de Lien. La douleur passera, mais ils n’oublieront jamais la lumière…


715 M41 Planète Scintilla, Segmentum Obscurus
« Alors nous sommes d’accord ? »
« Bien sur ». Je me lève et tends la main vers mon interlocuteur, souriant comme un requin… comme lui, en fait. Un bon deal que nous venons de sceller, profitable a tout le monde… sauf aux autres, évidemment !
« Vous avez le temps pour un verre, histoire de sceller notre accord »
« Avec plaisir ! »
Nous nous dirigeons vers un coin de la pièce où un divan et quelques fauteuils indiquent un lieu de détente. Je m’assois pendant que mon hôte me sert un verre de vin, importé d’une agri-planète.
« A notre future association », me dit Réda Machan, dirigeant du plus grand syndicat d’ouvrier du bâtiment de Scintilla… et chef de l’une des plus grandes organisations criminelles de la planète.
« A nos futurs profits » Je lève mon verre dans sa direction et savoure le breuvage. Le vin est bon, excellent, même, un véritable nectar. Je n’ose même pas imaginer combien a du couter la bouteille.
« C’est tout de même plus agréable de travailler avec vous plutôt qu’avec certains de vos confrères. Soit ce sont des psychopathes instables en puissance, soit des crétins tellement arrogants et bouffis d’orgueil qu’on a des envies de leur montrer de quel bois on se chauffe. »
Je souris. « Si vous trouvez que ma famille est plus stable, attendez de parler avec mon cousin Sébastian, c’est le chef de ma famille, après tout... »
« J’ai entendu parler de lui. Il est à Port Wander, n’est ce pas ? »
« Oui, avec ses fils. »
« Et bien je préfère… Ce que j’ai entendu sur lui n’est pas rassurant. Autant que je vous grade comme interlocuteur privilégié »
« Cela sera avec plaisir. Puis je vous demander d’où vient le vin, il est délicieux. Si je ne m’abuse, il vient de… »

La vitre se brise en mille éclats qui me lacèrent le visage. Le crane de Machan explose, répandant cervelle et fluides divers sur le mur en velours. Son corps s’affaisse sur sa chaise devant mes yeux horrifiés. Mes profits futurs viennent de disparaitre. Je suis couvert de sang, de morceau de crane et de fragments de cerveau.

« ca ne va pas ? »
Je cligne des yeux et secoue la tête. Machan me regarde, l’air étonné.
« Euh… Pardon ? »
« Vous parliez du vin, et vous vous êtes arrêté pour me regarder comme si vous aviez vu un mort. »
« Ah… Désolé, j’ai eu une journée éprouvante et je suis un peu surmené en ce moment. J’ai des moments d’absence. Ce n’est rien »
« Et bien, vu comme vous êtes pales, on le dirait pas. Vous devriez allez voir un toubib, je pense. »
« Je crois que je vais suivre votre conseil » Je souris, rassurant. « Mais je pense que je vais d’abord me reposer chez moi. Si cela ne vous ennuie pas que je me retire. »
« Pas le moins du monde. Reposez vous, vous avez une tête à faire peur ! »
« Je vous remercie encore de votre accueil. »

Les pensées qui agitent mon crane alors que je rentre chez moi sont tout sauf reposantes. Les images étaient vivantes, réelles, comme si elles avaient vraiment lieu devant moi. Je m’enferme dans mon vaste appartement, en demandant à ma nouvelle secrétaire d’annuler mes rendez-vous et de bloquer mes appels. Je n’ai même pas envie de la sauter pour me détendre…
C’était tellement… là. Ce sang, le verre, le crane explosé. Le simple souvenir de cette vision me rend malade… je reste un instant dans le noir, avant de prendre un somnifère pour dormir.
C’est la sonnerie de mon vox qui me réveille. Quelle connasse, cette pute de secrétaire ! Je lui avais dit de ne me passer aucun appel. En regardant l’heure, je me rends compte que j’ai dormi douze heures, donc elle a quand même fait son boulot à peu prêt correctement.
Je décroche.
« Monsieur Sabrehagen ? »
« Lui-même. »
« Franz Kolonthota, Adeptus Arbites… accepteriez vous de venir dans nos locaux pour répondre a quelques questions ? »
« Bien sur, mais c’est a quel sujet ? »
« Vous comprendrez que je ne puisse pas vous en parler par ce biais, mais rien de grave, juste quelques questions de routine. »
« Quand souhaitez vous me voir ? »
« Et bien d’après votre secrétaire, vous avez annulé tous vos rendez vous, donc que diriez vous de maintenant ? »
« Maintenant ? Mais… »
« C’est assez urgent, en fait. »
« Bien, j’arrive de suite »
Je me prépare rapidement. On ne peut pas éviter une convocation de l’Arbites… Pas quand on est aussi visible que moi. Je suis trop sur de moi, il faudrait que je prévois un plan de secours, au cas où… De toute façon, je n’ai rien à me reprocher… Enfin rien qui intéresserai l’Adeptus Arbites. Je me serai plus inquiété de recevoir un appel des forces de police de Scintilla.
En passant, je vire ma secrétaire : cette connasse n’a pas à donner mon emploi du temps à tout le monde, même à un membre des forces de police impériale.
Par chance, le poste de l’Arbites n’est pas très éloigné de mon domicile. Je ne mets qu’une heure pour y arriver et suis rapidement introduit auprès de l’arbitre Kolonthota, un homme d’une quarantaine d’année.
« Ah, monsieur Sabrehagen… J’espère que vous ne m’en voulez pas de vous importuner. Je sais qu’un homme comme vous, si impliqué dans les affaires de notre communauté, n’a que peu de temps à accorder au petit inspecteur que je suis. »
« Pas du tout, Arbitrator, je suis toujours à votre disposition. »
« Merci de votre gentillesse, Monsieur Sabrehagen, vraiment… Quelles sont vos relations avec Réda Machan ? » Son regard me scrute, mais on ne fait pas des affaires sans apprendre à avoir un visage de marbre.
« C’est un partenaire dans diverses affaires. Je travaille parfois avec lui dans le cadre de contrat de construction pour la cité. »
« Quel genre d’affaires ? »
« De construction, principalement… Mais aussi dans le cadre des négociations de l’aide sociale, vous savez que je suis très impliqué dans les programmes sociaux et que je soutiens le parti progressiste. » Je souris en disant cela, ce qu’il doit prendre pour de l’enthousiasme. En fait, cela me permet de passer pour un philanthrope à peu de frais.
« Et bien je crois que votre partenariat s’arrête aujourd’hui… Monsieur Machan a été retrouvé mort dans son bureau. Il a été assassiné, une balle en pleine tête…Rassurez vous, nous savons que vous n’y êtes pour rien, l’heure de la mort correspond au moment ou vous arriviez chez vous… Ca va ?, vous êtes pale, monsieur Sabrehagen. »
« C’est… c’est horrible… terrible… Je suis… là vous me faites un choc…C’était un homme d’une grande force de caractère, mais je suppose qu’un homme de son importance doit avoir des ennemis. » Les images de la vitre explosée et de son crane éclaté tournent dans mon esprit, sans que je puisse les oublier. Je ferme les yeux.
« Vous semblez très affecté, Monsieur Sabrehagen… »
« Oui… c’est… Je venais de le quitter… je réalise que j’aurai pu assister à son assassinat, que j’aurai pu le voir se faire abattre, son verre de vin à la main… »
« Oui, c’est terrible… Ecoutez, je ne vais pas vous importuner plus longtemps… Cette nouvelle vous a affecté et je m’en voudrai de vous causer plus de peine ou de douleur. Rentrez chez vous… »
« Merci, Arbitrator… merci »
« Cela ne vous dérange pas si je vous rappelle si d’autres questions me viennent à l’esprit ? »
« Mais pas du tout, pas du tout… Excusez-moi, maintenant, Arbitrator »
« Je vous en prie… Voulez vous que je vous fasse raccompagner chez vous ? »
« Cela ne sera pas la peine, merci… »
Machan, assassiné… Machan, assassiné… Ce n’était pas une hallucination ou autre chose… bon… Ca ne veut rien dire… C’est surement… Oui, c’est rien, c’est une hallucination, ou bien le vin m’étais monté a la tête… oui, oui…
J’essaye de me rassurer tant bien que mal… J’annule tout mes rendez vous du lendemain…
Dans la soirée, j’entends la sonnerie de ma porte. La caméra me montre l’Arbitrator. Il regarde la caméra en souriant, agite la main. Je vais lui ouvrir.
« Désolé de vous ennuyer encore, monsieur Sabrehagen… »
« Pas du tout Arbitrator. Que puis-je faire pour vous aider ? »
« Et bien… y’a une chose qui me tracasse dans ce que vous avez dit… »
« Dites moi ? »
« Comment saviez vous que la victime était en train de boire un verre de vin quand elle a été abattu ? On a effectivement retrouvé un verre sur le sol.»
La question me surprend, et une nouvelle fois, je revois ces images. Ce crane qui explose, le verre qui tombe de sa main et répand son contenu sur le sol.
« Et bien je l’ai supposé. C’est la dernière image que j’ai de lui : nous venions de boire un verre.
« Ah oui… c’est logique, oui… Excusez moi, cela me tracassait, c’est tout »
« Mais je vous en prie… »
« Vous savez ce que c’est, dans mon métier, on se pose des questions… »
« C’est normal… »
« Ma femme me dit toujours que je cherche la petite bête… C’est comme ca qu’elle dit : chercher la petite bête… Mais moi, je n’aime pas trop les petites bêtes, vous comprenez ?»
Je souris. « Je vois… Rien d’autre ? »
« Non, encore désolé de vous avoir importuné. »
« Au revoir Arbitrator… »
« Au revoir, monsieur Sabrehagen »
Je n’arrive toujours pas à dormir… De nouveau des cachets… Un sommeil sans rêve, c’est ce qu’il me faut.

L’immense vaisseau avance dans le vide glacé qui sépare les mondes humains. Sa vaste coque est constellée d’impacts, de cicatrices, fières blessures reçues dans les milliers de bataille qu’il a du affronter. Soudain, d’autres vaisseaux s’approchent. Leur facture est humaine. Ils sont une meute de hyènes qui attaquent le vieux lion. Le navire chancelle devant les impacts des lances qui le frappent. Sa coque se brise par endroit. La réalité se déchire et il plonge dans l’Immaterium, seul manière d’échapper à ses assaillants, mais tactique désespérée, qui va le condamner quasi certainement.

Je me réveille en hurlant alors que mon rêve m’emmène dans l’Immaterium avec le vaisseau, avec ce vaisseau désespéré, avec le Custodian of Cadia. Je sens, je sais que cela n’est pas encore arrivé. Je le sais, mais je dois faire quelque chose… Le Custodian, c’est ma famille, c’est nous. Il fait autant parti de nous que tout le reste, et même si je n’ai jamais mis les pieds à bord, le voir détruit m’arrache une partie de mon âme… la seule en fait avec laquelle je n’ai jamais transigé.

816 M41 Port Wander, Segmentum Obscurus
Le maitre d’équipage m’amène à mes quartiers. Je le lui ai demandé .le Je ne souhaite pas voir mon cousin immédiatement. Le voyage m’a éprouvé, et je revois encore le regard apeuré de cette femme. J’ai besoin de repos et de méditation, de prière.

Adorons l’Immortel Empereur
Car il est notre protecteur
Admirons l’Immortel Empereur
Pour son Sacrifice pour l’Humanité
Exaltons l’Immortel Empereur
Pour sa stricte direction
Révérons l’Immortel Empereur
Pour sa garde éternelle
Vénérons l’Immortel Empereur
Pour sa Sainte Sagesse
Honorons l’Immortel Empereur
Pour Sa Puissance Eternelle
Glorifions l’Immortel Empereur
Pour Son Omniscience
Prions l’Immortel Empereur
Pour Son Règne sans fin
Saluons l’Immortel Empereur
Car il est notre Seigneur et Maitre
Adorons l’Immortel Empereur
Car sans Lui, nous ne sommes rien.
Les mots viennent facilement dans mon esprit. Ils sont comme un chant qui emplit mon être. Qui me permette d’oublier celui que j’étais avant. D’oublier les souffrances que j’ai causées et que mon don me permettra d’absoudre. Je décide de me rendre sur le pont, de rejoindre mon cousin.

715 M41 Planète Scintilla, Segmentum Obscurus
Il faut que je prévienne Sebastian… Mais comment ? Le Custodian est certainement à Port Wander, et je n’ai pas accès aux communications astropathiques… Prendre un vaisseau pour aller là bas est hors de question : j’arriverai des années après… Je dois le prévenir… Si le Custodian disparaît, nos ennemis se jetteront sur nous, et cela en sera fini de notre famille… pas le choix… Je dois prévenir Sebastian… Je dois essayer de convaincre le Doyen du Chœur Astropathique de Scintilla… Je dois réussir.

J’ai mis une semaine pour avoir une audience auprès de Xiao, le doyen… une semaine peuplée de cauchemars de vision… Je parle a mon cousin qui se moquait de moi et se transformait en une immonde créature.
D’autres visions m’ont assaillie, m’empêchant de dormir, faisant de chaque moment de sommeil un moment de peur et de dangers.
Je vois des millions de corps déchiquetés, massacrés par des armes horrible, des hurlements résonnent dans l’atmosphère rouge sang… Je parle a mon cousin qui se moquait de moi et se transformait en une immonde créature. Des corps lascifs s’entremêlent, hommes, femmes et enfants, tordus par le plaisir et la douleur que leur infligent des créatures androgynes et hermaphrodites… Je vois le Custodian se diriger vers la Mâchoire, cette anomalie dans le Warp qui rend difficile d’entrer dans l’Amat de Koronus... Des vers s’échappent des bubons purulents qui défigure un petit garçon ; il me regarde, ouvre la bouche pour réclamer à boire, tends les mains. Je hurle et me réveille.
Et c’est ainsi, nuit après nuit, dés que mes yeux se ferment.

Xiao a refusé. Il a écouté ma requête… il n’a rien dit, mais son regard était plein de mépris pour moi… Il a refusé… Je ne sais pas quoi faire pour prévenir Sebastian.

« Monsieur Sabrehagen ? Vous êtes là ? »
De nouveau ce flic à ma porte… que veut-il encore ?! Gémissant, je me dirige vers la porte. Un mal de crane me vrille les tempes alors que je m’approche. C’est le visage crispé que j’ouvre à l’Arbitrator. Il est accompagné d’une jeune femme au visage quelconque, auquel je ne prête pas attention, la trouvant répugnante pour je ne sais quelle raison.
« Je suis vraiment navré, Monsieur Sabrehagen, vous allez croire que je vous harcelle… »
« Pas du tout, Arbitrator, pas du tout… Faites vite, je vous prie, je suis extrêmement fatigué. »
« Oui, votre audience auprès du Doyen Xiao… On m’en a parlé. Pouvons-nous entrer ? J’espère que la présence de ma collègue ne vous dérange pas. »

Il entre, suivi par cette femme. En passant prêt de moi, mon dégout pour elle augmente, ainsi que la douleur qui me déchire le crane.
« On dirait que sa présence vous dérange… Vous n’allez pas bien ? Vera est infirmière, elle peut peut être vous soigner… »
Sans me demander mon avis, la nommée Vera place ses mains sur mes tempes et me masse. Je hurle de douleur à son contact et ne sent pas la piqure qui m’atteint dans la hanche.
Je sombre dans un sommeil… sans rêve…

816 M41 Port Wander, Segmentum Obscurus
« Evander ? »
Je regarde le fils de mon cousin, essayant de retrouver la rudesse de ses traits. Je n’ai jamais rencontré Evander, mais sa réputation m’est parvenue. Il a un sourire sarcastique. Il a du entendre le ton réprobateur avec lequel je lui ai adressé la parole.
« C’est bien moi, cousin… J’ai beaucoup entendu parler de toi dans mon enfance… »
« Et qu’a-t-on bien pu te dire ? Moi aussi j’ai entendu parler de toi…»
« Que tu étais un génie des chiffres, un excellent administrateur et l’une des pires crevures que Scintilla ai vu. Mon père m’a un jour parlé de tes magouilles. »
« Ce Magnar là est mort. J’ai ressuscité dans la lumière de l’Empereur. Il protège. »
« Il protège… Et que t’a-t-on dit de moi ? »
« Que tu étais un sybarite, un pervers, un inverti et un jouisseur. Ton père parlait de toi comme d’un incapable, tout juste bon à donner dans l’argent dans les bordels et les maisons de jeux. »
« Et bien cet homme là n’est pas mort… En ce qui concerne le coté jouisseur. Quand à être un incapable, nous verrons ce qu’il en est : après tout, je n’ai jamais dirigé d’expédition dans l’espace hors de l’Empire de l’Homme. »
« Je ne vis pas dans le passé… et tu as l’air plus agréable que ton père. Mon chœur astropathique est à ta disposition. »
« Et si tu a besoin de quoi que ce soit, fait le moi savoir. Quand le navigateur sera arrivé, nous serons à quelques jours du départ. Je te ferai prévenir à son arrivée. Je veux que chaque officier soit présent pour l’honorer comme il se doit. »
« Bien sur… »

715 M41 Planète Scintilla, Segmentum Obscurus
Je me reveille attaché sur un matelas aussi dur que du béton ; mes yeux sont bandés si étroitement que nul filet de lumière ne perce.
« Monsieur Sabrehagen… »
La voix de l’Arbitrator. J’essaye de parler, mais un masque respiratoire enfoncé dans ma trachée m’en empêche.
« Vous êtes un psyker, monsieur Sabrehagen… Nous allons vous placer sous sédatif en attendant l’arrivée d’un Vaisseau Noir… Je… Je suis désolé, Monsieur Sabrehagen… »
Je me rendors de ce sommeil sans rêve.

Le reste est silence…
Puis Sa Lumière.
 
Liens rapides
Games Workshop
Forge World
Black Library
Bibliothèque Interdite
Black Industries
Calixis recrute
We need you
Citations
« Pas de pitié! Pas de remords! Pas de crainte! »
Ce site n'est pas officiel ni en aucun cas autorisé ou approuvé par Games Workshop.
][ Knowledge is power, use it well. ][
Boutique en ligne Collec'Zéjeux.fr

JoomlaWatch Stats 1.2.9 by Matej Koval